La présentation virtuelle du gouverneur Tiff Macklem à l’intention des Cercles Canadiens n’a pas apporté de surprises.  Sa déclaration écrite d’ouverture était assez courte et elle a été suivie de plusieurs questions.  Voici les points cruciaux sur lesquels il a insisté.

Les taux d’intérêt négatifs sont exclus car ils « entraînent des décalages dans le comportement des marchés financiers ».

Par contre, aucune autre baisse de taux de la Banque du Canada est prévue.

La Banque du Canada poursuivra son programme d’achat d’obligations et de dettes gouvernementales pour fournir de l’argent aux marchés financiers.

Dans les questions posées, il a déclaré qu’il s’attend à des dommages durables à la demande et à l’offre dans l’économie. Il a dit que la reprise sera « longue et cahoteuse » et « lente et progressive ».

L’objectif d’inflation de 2% va rester la balise de la politique de la Banque du Canada.  Actuellement, l’augmentation est inférieure à l’objectif.

« Cette récession est profonde.  Les femmes ont été énormément touchées car elles travaillent de manière inégale dans les services durement touchés et elles s’occupent aussi de manière disproportionnée des enfants et des personnes âgées ».

Les programmes de soutien budgétaire jettent les bases du rétablissement de groupes particuliers.

Les régions pétrolières sont durement touchées par le choc des prix.  Le prix du pétrole a récemment monté à 40$ WTI, mais la pandémie « affaiblit nettement la demande de pétrole ».

Le niveau d’endettement des ménages est alarmant. Les transferts fiscaux aident et les ménages ont réduit leurs dépenses. Le rôle de la Banque du Canada est de fournir l’impulsion essentiel pour encourager les ménages à dépenser.  Les mesures macro prudentielles déjà en place éloigneront les ménages très endettés à continuer de s’endetter davantage.

Il s’attend à « un assez bon développement de l’emploi et du PIB au troisième trimestre ».  Au-delà de cette période, c’est plus problématique car nous devrons réparer l’économie.

Toutes les banques doivent accélérer les actions pour pouvoir faire face au changement climatique, y compris la Banque du Canada.  Nous devrons en comprendre les implications pour l’économie.

Les banques à charte sont plus prévoyantes dans leurs pratiques de prêt depuis la crise. Les programmes d’achat d’obligations visent à garder le crédit des banques.  Les institutions sont des amortisseuses importantes pendant cette récession.  Les conditions sur les marchés financiers se sont énormément améliorées depuis le début de la pandémie.  « Les marchés se sont normalisés et le crédit circule plus librement ».

Le gouvernement et la Banque du Canada ont mis en place des très beaux programmes pour faire face à cette crise. Il a aussi annoncé que nous pourrions utiliser « une assistance et une coopération internationales supplémentaires ».

Question immobilière – Quel est le niveau de risque de ce secteur?  Le gouverneur a fait remarquer que les différents secteurs fonctionnent différemment.  La demande des entrepôts et des centres de distribution est assez forte.  Les perspectives de l’immobilier commercial sont douteuses, surtout les bureaux et les centres commerciaux.  Pour le logement, il a affirmé que « de fortes baisses de l’activité immobilière » ont jusqu’à présent fait « peu de changement de prix ».  Cela variera selon la région et du logement à l’avenir.

« Le rythme du changement avance. Les sociétés du monde entier ont du mal à comprendre.  La banque centrale doit prendre les devants » et se préparer aux inconnus, tout en étant souple et déterminée.

Interrogé sur le potentiel d’une deuxième vague de la Covid-19, il a dit: « Les perspectives sont pleines d’incertitude.  Le plus gros doute est l’évolution du virus.  Il y aura une accélération du nombre de cas.  Nous avons besoin de tests et de dépistage avec des réponses très rapides.  Nous devons fixer comment déconfiner en toute sécurité ».

Lorsqu’on lui a demandé le mot de la fin, il a dit : « Nous allons réussir à passer à travers.  Les Canadiens sont débrouillards et l’ingéniosité des entreprises est forte. Cela sera une longue et lente reprise et il y aura des revers.  Nous avons empêché le pire des scénarios. Tous les emplois ne reviendront pas.  La Banque fait son possible pour soutenir cette reprise et ramener les Canadiens sur le marché du travail ».