Après une accalmie, les marchés de nouveau en recul

 

Après un début de semaine un peu plus clément sur les marchés, l'anxiété revient en force mercredi. De sévères reculs sont constatés sur les places boursières européennes, laissant présager une chute similaire en Amérique du Nord.

L'accélération meurtrière du virus aux États-Unis, où le président Donald Trump a demandé mardi aux Américains de se préparer à des semaines très difficiles, semble peser fortement.

À 9 h (HAE), les principaux indices des bourses de Londres, Paris et Francfort reculaient tous d'environ 4 %. Mardi, ils avaient tous réussi à finir la séance dans le vert.

En Asie, le Nikkei japonais a clôturé la journée en baisse de 4,5 %. Les pertes ont été plus limitées à Hong Kong (- 2 %) et à Shanghai (-0,6 %).

À Wall Street, les contrats à terme sur les principaux indices nord-américains laissent maintenant entrevoir des baisses de plus de 3 % à l'ouverture, à 9 h 30 (HAE).

Mardi, l'indice Dow Jones a cédé 1,84 %, signant son pire trimestre depuis 1987 (-23 %).

L'indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a lui baissé de 1,6 %, encaissant une baisse de 20 % depuis début 2020.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a reculé plus modestement de 0,95 %.

Les bourses mondiales ont bouclé un trimestre noir, l'un des pires de l'histoire et le passage de témoin entre le premier trimestre et le deuxième s'annoncent délicats après les propos sombres de Donald Trump sur la situation à attendre dans les deux prochaines semaines aux États-Unis, a dit Tangi Le Liboux, un stratège du courtier Aurel BGC.

Le président américain, qui espérait remettre le pays au travail pour Pâques, devra sans doute attendre un ou deux mois de plus, a-t-il ajouté.

Le pétrole, qui avait repris un peu son souffle mardi, est aussi reparti à la baisse, déprimé de nouveau par la chute de la demande mondiale pour l'or noir attribuable au coronavirus et la guerre des prix opposant l'Arabie saoudite et la Russie.

Le marché de la dette, par contre, restait toujours calme, comme ces derniers jours, largement abreuvé par la générosité des banques centrales.

Les indicateurs du jour qui intègrent désormais les effets désastreux de la pandémie devraient alourdir encore un peu plus l'ambiance.

Pour l'automobile, la chute historique de plus de 70 % du marché français et l'effondrement des ventes au Japon donnaient déjà le ton.

Plus tard dans la journée, les chiffres des créations d'emplois dans le secteur privé aux États-Unis en mars (enquête ADP) devraient être particulièrement suivis.

Après les chiffres exécrables des inscriptions hebdomadaires au chômage, ce nouveau chiffre devrait confirmer que les destructions d'emplois ont atteint un niveau sans précédent du fait de la crise, déclare Christopher Dembik, responsable de la recherche économique à Saxo Banque.

Selon lui, les investisseurs sont encore fébriles en dépit du soutien massif des banques centrales et des États-Unis et vont devoir naviguer pendant plusieurs semaines dans un environnement de marché marqué par de très mauvaises statistiques et une prolongation des mesures de confinement dans plusieurs pays jusqu'à fin avril/début mai, dans le meilleur des scénarios.

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